Instituteur solitaire au cœur de l’Anatolie

Par Jean-Paul Champseix (En attendant Nadeau)

Azad Ziya Eren est poète et instituteur, suspendu de ses fonctions depuis la grande purge organisée par Erdogan après le coup d’État raté de 2016. Son journal d’enseignant raconte une Turquie rustre, à l’histoire violente, où, en définitive, « les enfants suivent le sillage de leurs aînés »

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Azad Ziya Eren se situe dans la lignée de Mahmut Makal, « instituteur-paysan » qui écrivit en 1948 Notre village, paru sous le titre Un village anatolien dans la prestigieuse collection « Terres humaines » (éditions Plon, 1963). Cet ouvrage décrivait, au pays d’Atatürk, le dénuement pathétique de la population rurale de la région d’Aksaray, avec un réalisme et une simplicité qui valurent à l’auteur un succès retentissant et… une brève incarcération. Eren, quant à lui, ne vient pas du monde paysan et il est aussi poète. Toutefois, il va parvenir à exercer pendant plusieurs années sa fonction d’instituteur dans un contexte particulièrement âpre et décourageant.