Rushdie se perd dans «La Maison Golden»

Par Claude Grimal (En attendant Nadeau)

Treizième roman de Salman Rushdie, La Maison Golden se déroule essentiellement à New York, de l’investiture de Barack Obama en 2009 à l’élection de Donald Trump. À travers l’histoire de la mystérieuse famille Golden, débarquée d’on ne sait où pour occuper une élégante maison de Greenwhich Village, on traverse les derniers bouleversements de l’Amérique et du monde en général.

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Le narrateur du livre, René Unterlinden, sorte de Nick Carraway, le personnage du Gatsby de Fitzgerald, ou de Jeff du Fenêtre sur cour de Hitchcock, cherche, comme eux, en voisin et en curieux, à élucider le mystère de Néron Golden, le richissime patriarche flanqué de trois fils – puis bientôt d’une nouvelle épouse –, qui est venu s’installer près de chez lui dans les « Jardins », un pâté de maison résidentiel (réel) donnant sur un parc près de MacDougal Street. Comme il se trouve être aussi diplômé en film studies, il va mettre sa passion enquêtrice au service de son travail et décider de réaliser un « mockumentaire », sorte de parodie de documentaire, sur les Golden. Ce qui permet au roman de déployer à l’envi procédés et références cinématographiques ainsi que de jouer avec le thème de l’invention de soi et de la réalité.