Earsnot, le dernier “sans-culotte”

Par

Graffiti, défonce, vols et partouze bi : le groupe Irak – “Je vole” en slang – a imposé sa vision sulfureuse d'un graffiti anti-société, et ravivé dans la scène underground new-yorkaise les shoots et le sexe des années beatnik. Rencontre avec son fondateur, Earsnot (Kunle Martins)... en slip. Troisième volet d'une série de reportages vidéo sur les artistes et NYC.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« On ne connaît la loi que lorsque les gens l'enfreignent », écrivait Boris Vian. Avec les membres de son crew Irak (I-rack : “je vole”, en “slang”, argot des ghettos), le graffeur Earsnot (Kunle Martins) aurait facilement pu être juriste spécialisé en dégradation volontaire de biens privés ou publics, possession et usage de drogues dures, trouble à l'ordre public, attentat à la pudeur et autres infractions inscrites dans leurs casiers judiciaires d'enfants infréquentables... mais talentueux. Fidèle à sa légende urbaine, Earsnot n'est pas facile à repérer. Quant aux gens du milieu, ils nous expliquent que son palmarès devrait nous inciter à passer notre chemin. Après tractations et tentatives ratées, le rendez-vous est fixé dans une cour fermée à clef et entourée de barbelés, arrière-salle de la boutique streetwear “Alife”,  parfumée aux vapeurs des “blunts” de weed d'un vendeur sur les nerfs. Après avoir tenté de monnayer en vain l'entretien, Earsnot, taillé comme un mercenaire – veste camouflée et casquette de US Marines – enlève son fute mais garde le haut. Entretien vidéo en slip avec le fondateur du groupe de graffeurs le plus sulfureux du New York des années 2000.