Nanni Moretti, un pape en panique

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Habemus papam de Nanni Moretti et Hereat Shulyam de Joseph Cedar sont deux histoires de remise des prix. Un pape est élu dans le secret du conclave. Un vieux philologue israélien est enfin distingué. Deux victoires? Deux machines à perdre. L'une belle, l'autre moins.

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Le palmarès a été annoncé un peu en avance cette année, dès le troisième jour. Qui gagne ? Personne. Habemus papam de Nanni Moretti et Hereat Shulyam de Joseph Cedar narrent deux histoires de remise des prix ardemment attendue. Un pape est élu dans le secret du conclave, il a le visage inquiet et le regard bon de Michel Piccoli. Un vieux philologue aigri et taiseux reçoit enfin le prix d'Israël, après vingt ans de dédain, pour ses recherches sur le Talmud. Deux victoires ? Deux défaites : l'un ne veut pas gagner, l'autre est en vérité défait. Deux éloges de la reconnaissance ? Deux machines à perdre. L'une belle, l'autre moins. Mais les films consonnent si étroitement qu'on croirait avoir assisté à quelque chose qui n'a d'ordinaire guère droit de citer à Cannes, surtout en «compétition» : un geste de programmation.