Une histoire de kebab

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Le journal suisse Le Temps consacre une série au kebab, ce « sandwich à la viande à la riche histoire méditerranéenne ». L'occasion de remonter au XVe siècle puis de tenter de percer le mystère de l'inventeur de sa forme actuelle, en réponse aux ultranationalistes qui « y voient le cheval de Troie gastronomique de l’islam conquérant en Europe ».

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« Tour à tour désigné comme l'exemple de la malbouffe ou le cheval de Troie culinaire de l’islamisation de l’Europe, le kebab est devenu une institution des estomacs et des villes », relate en préambule le journal suisse Le Temps, qui consacre une série au fameux sandwich. Dans ce premier volet, le quotidien remonte le temps aux côtés de Bertrandon de La Broquère qui voyage de 1432 à 1433 au-delà de la Méditerranée. « Le but officiel de son voyage, depuis Gand, est d’accomplir le pèlerinage sur les lieux saints, à commencer par Jérusalem. De manière surprenante, il choisit de faire le voyage de retour par la terre, non en mer. » Il retranscrira d'ailleurs son épopée dans Le Voyage d'Orient, espion en Turquie. En chemin, il s'arrête au sud d'Istanbul, dans la ville de Brousse (Bursa en turc) et raconte : « Les Turcs me firent manger de la viande rôtie, qui n’était pas à moitié cuite, il s’en fallait de beaucoup, et nous la tranchions alors qu’elle rôtissait sur la broche. » Il s'agit là de la première mention faite du kebab en Occident.