António Lobo Antunes: «J’écris en tâchant de dire ce que le livre attend de moi»

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Rencontre à Lisbonne avec l’immense romancier portugais António Lobo Antunes. 74 ans, la dent dure et un sourire à faire fondre. Gorgé de littérature et immergé dans son prochain roman. Homme-livre, qui ne s’entretient plus qu’en aparté…

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Lisbonne (Portugal), de notre envoyé spécial.-  Il n’habite pas dans l’un de ces vieux immeubles d’où s’élèvent les chants fragiles mais immémoriels, territorialisés et pourtant universels, de ses personnages, ces spectres scrutateurs d’un monde qui n’en aura jamais fini avec les rapports de domination. C’est dans un duplex ultracontemporain, au sommet – 12e et 13e étages – d’un immeuble flambant neuf que vit, lit, écrit António Lobo Antunes, nobélisable persuadé que ce prix altissime lui reviendra tôt ou tard. L’homme, psychiatre de formation, peut conjuguer dans une même minute la morgue odieuse du patricien et l’empathie scrupuleuse du praticien.