Le monde désenchanté d’António Lobo Antunes

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Cela fait longtemps qu’António Lobo Antunes aurait dû recevoir le prix Nobel. De la nature des dieux, paru ce printemps, revient faire sonner à nos oreilles sa prose serpentine.

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De la nature des dieux emprunte son titre au traité que Cicéron avait rédigé en – 45, à la fin de sa vie. De natura deorum soumet à une discussion critique différentes conceptions théologiques pour n’aboutir qu’à une certitude : s’il est impossible de se prononcer sur la nature exacte des dieux, il est manifeste que l’existence de la religion est nécessaire au gouvernement de l’État. Le dialogue de Cicéron renonce à la métaphysique pour s’en tenir à une politique, à l’ici-bas, ce qui vaut aussi pour les romans d’Antunes : on n’y regarde pas l’horizon mais les pieds dans la boue. De cette attention seule peut jaillir l’intelligence du monde.