De la «guerre à l’hérésie» à la «guerre à la terreur»

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Guerre à l’hérésie, guerre à la drogue, guerre à la terreur… Par-delà les siècles, juge le britannique Robert Moore, l’histoire des hérésies médiévales nous aide à comprendre (tout) ce que fait un État lorsqu’il s’attaque à la déviance. Entretien.

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Depuis son livre traduit en 1991, La Persécution : sa formation en Europe, Xe-XIIIe siècle, le travail de l’historien médiéviste britannique Robert I. Moore interroge le développement de phénomènes d’intolérance spécifiquement occidentaux depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours – la question de lantisémitisme et de l’hérésie y occupant une place centrale. L’hérésie constitue en effet un paradigme pertinent de la criminalisation des contestataires et des minorités par les pouvoirs centraux pour mieux assurer leur emprise, comme il le démontre dans son nouveau livre Hérétiques. Résistances et répression dans l’Occident médiéval, publié par les éditions Belin.