Père et fils dans l’isolement d’un voyage

Par Norbert Czarny (En Attendant Nadeau)

Enfant, Patrick Deville était doublement enfermé. Il l’a raconté dans Taba-Taba, son précédent roman. À Mindin et dans le corset qui enserrait sa hanche opérée, il voyageait en lisant. Chaque livre était son « abracadabra », son tour de magie, son tapis volant. Pour écrire Amazonia, il a emprunté des bateaux et a descendu des fleuves avec Pierre, son fils. 

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Patrick Deville, on le sait, aime les paires, les parallèles, les oppositions, les hasards qui se produisent en double. Il aime aussi l’histoire, la géographie et la littérature. Dans L’Étrange Fraternité des lecteurs solitaires, cinq textes en hommage ou amitié, il reprend le propos attristé d’Edgardo Cozarinsky, cinéaste et écrivain : « Nous avons été formés pour un monde dont la littérature était le socle. »