L'entrée du cinéma français en gare de Montparnasse

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Alors que la 62e édition du Festival de Cannes touche à sa fin, retour à la Quinzaine des réalisateurs. Vendredi 22 mai, Olivier Père a présenté Montparnasse, le nouveau moyen métrage du «plus grand cinéaste français de demain», selon Luc Moullet : Mikhaël Hers.
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Mercredi 20 au matin, alors que Tarantino tardait à dégainer, Luc Moullet a montré à la Quinzaine des réalisateurs La Terre de la folie, un documentaire que le cinéaste et critique présente par ces mots : «le meilleur film de toute l'histoire du cinéma sur la folie dans les Alpes du Sud». On connaît Moullet, c'est l'un des rares à avoir le superlatif sobre. Il aime être numéro un, mais à sa manière : hors compétition.

 

Moullet fut le pionnier de la politique des acteurs, mais aussi des études godardiennes, ce qu'on oublie trop souvent. De même il a toujours veillé à être le premier à écrire sur les cinéastes qui comptent. Ainsi a-t-il déjà consacré un texte et une conférence – ce mois-ci au Centre Pompidou – à l'œuvre naissante de Mikhaël Hers. De lui, il dit qu'il est le plus grand cinéaste français de demain.

 

C'est vendredi 22 mai à 17 heures, à cette même Quinzaine des réalisateurs, que Hers a présenté son nouveau moyen métrage. Dernière séance avant le film de clôture et façon, selon Olivier Père bientôt envolé vers Locarno — costume blanc inclus, espérons-le –, de terminer en regardant vers l'avenir. Le poids des générations et des promesses pèse donc sur les épaules de Mikhaël Hers. Est-ce alors par humour et défi qu'introduisant son film, il portait un t-shirt au milieu duquel était dessinée une cible qu'on aurait cru sortie d'un vieux Robin des Bois ?

 

En tout cas, le jeune homme ne semble pas accablé par tant d'honneurs. Il filme doux, dolcissimo. Fait d'autant plus remarquable que ce qu'il filme pourrait être la lourdeur même : des paroles et des gestes empruntés, des conversations où chacun se retient, souffre et aspire à bas bruit, n'ose pas.

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