L’Afrique filmée par ses marginaux

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C'est comme d'habitude: il n'y aura pas de cinéaste africain en compétition à Cannes cette année. Pour se remonter le moral, il est conseillé de se replonger dans l'œuvre de trois artistes d'Afrique noire, réunis dans un récent coffret DVD très cohérent. En Côte d'Ivoire, au Gabon ou au Burkina Faso, des histoires graves d'individus relégués aux marges de leur communauté, en lutte contre les pressions sociales. [Photo : Djeli, Côte d'Ivoire, 1981]

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Pas un seul Africain en compétition officielle à Cannes cette année. Pas plus qu'il y a un an. Ou deux. Ou trois. Ou quatre. Il faut en fait remonter plus de dix ans en arrière pour trouver la trace de l'un d'entre eux, en 1997 exactement, année de la sélection du faussement classique Kini & Adams, du burkinabè Idrissa Ouedraogo. A force, on s'est habitué à l'absence. On ne relève même plus. L'Afrique, entrée dans le vif du cinéma il y a cinquante ans à peine (le moyen-métrage Afrique sur Seine, 1955), reste l'angle mort du septième art.