Fassbinder, la télévision des familles

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Huit heures ne font pas un jour, série télévisée réalisée en 1972 par R. W. Fassbinder, sort en salle et en DVD. Inédite, cette saga d'une famille ouvrière de Cologne est une merveille, quel que soit l’angle sous lequel on la considère : depuis hier ou d’aujourd’hui, au sein de l’œuvre du cinéaste allemand ou par rapport à l’actualité des séries.

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Le bonheur procuré par Huit heures ne font pas un jour est de plusieurs ordres. Il y a celui de découvrir une œuvre inédite de Rainer Werner Fassbinder et donc de réaliser une fois de plus combien on n'en aura jamais fini avec celui qui ne ménagea pas sa peine pour faire valoir à quel point l'Allemagne d'après 1945 n'en avait elle-même fini avec rien, et surtout pas avec le nazisme. Cette découverte constitue à elle seule un événement. Qu'on y songe : l'ogre qui, en une douzaine d'années, réalisa autant de films qu'il vécut d'années – 37 – fut assez infatigable pour que, une durée quasi équivalente s'étant écoulée depuis sa disparition, il subsiste des choses tournées par lui à découvrir. Et pas n'importe lesquelles. Huit heures… n'a rien, mais alors rien du tout, d'un fond de tiroir. Mieux vaudrait parler de haut du panier.