Sujets de colère: deux livres pour reprendre le pouvoir

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Refuser de n’être que l’objet de la politique ou de l’économie, en imposant de redevenir des sujets : voilà le programme de deux textes de cette rentrée littéraire, Des châteaux qui brûlent d’Arno Bertina, Se défendre. Une philosophie de la violence d’Elsa Dorlin.

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Alors que le gouvernement légifère par ordonnances, que le président affirme « la démocratie, ce n’est pas la rue », nous sommes une fois de plus renvoyés à une impuissance dont nous ne pourrions nous extraire que pour aller voter. Vu les menaces brandies lors des derniers scrutins, on pourrait pourtant estimer que, même là, la marge de manœuvre était plus que réduite, quasi inexistante. Ce sentiment d’impuissance ne nous affecte pas seulement comme citoyens en démocratie, mais aussi comme travailleurs dans une économie ultralibérale, et ailleurs encore : partout où l’autorité dénie à tout autre qu’elle-même un quelconque pouvoir, en arguant d’une fausse alternative du type « c’est ça ou le chaos ». Il ne nous resterait donc que la liberté d’éviter la catastrophe : chômage, mort, fascisme, ou fin du monde…