Velibor Čolić ou les mots de l’exilé

Par

Avec Manuel d’exil, l’écrivain d’origine bosnienne revient sur les premières années de son exil en France quand la guerre faisait rage dans les Balkans. Le roman d’un soldat et d’un réfugié, d’un jeune homme qui murmure des complaintes « stupides et enfantines »

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

La langue de Velibor Čolić connaît les bons mots, les tragédies qui font sourire, les histoires d’oiseaux, de Tsiganes, d’alcool frelaté, la fumée bleue des cigarettes et l’honneur des couteaux. Depuis 25 ans, cet écrivain qui aime se qualifier de grand (1,92 m les jours où le ciel est bas) traîne en France, et ailleurs, ses histoires de guerre et d’exil. D’origine bosnienne, Velibor Čolić intègre l’armée bosniaque lorsque les combats éclatent en Bosnie-Herzégovine, en 1992, avant d’échapper à l’avance des milices serbes. Interné dans le camp de prisonniers de Slavonski Brod, en Croatie, il réussi à s’enfuir et à rejoindre la France. Dans ses poches, des notes prises dans les tranchées et qui donneront ses deux premiers ouvrages, Les Bosniaques et la Chronique des oubliés, grâce au soutien de l’immense traductrice du serbo-croate Mireille Robin.