Algérie française : les retours du refoulé

Alors que Nicolas Sarkozy et la droite attaquent le choix par François Hollande de commémorer le 19 mars la fin de la guerre d'Algérie, Mediapart propose de relire sa série d'enquêtes sur les traces de cette mémoire.

La lente et insidieuse réhabilitation de l'OAS

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La réhabilitation a commencé à pas feutrés, dans les cimetières. Mais désormais, les noms des chefs de l'OAS, auteurs de crimes en Algérie et en métropole, trônent dans les centres-villes du littoral méditerranéen. Pourquoi les responsables politiques (de gauche comme de droite) du Sud-Est sont-ils aussi attentifs aux revendications des associations de rapatriés les plus nostalgiques de l'Algérie française ? Mediapart explore les manifestations de plus en plus prégnantes de ce retour de la guerre d'Algérie, au cœur de l'inconscient politique national.

Les ambivalences du combat des pieds-noirs

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Après avoir répertorié dans le premier volet de la série “Algérie française : les retours du refoulé” les signes d'une insidieuse réhabilitation de l'OAS, ce second volet s'attache à l'identité pied-noir : un double sentiment d'abandon par de Gaulle puis par la France, que les bataillons d'Afrique ont libérée en 1945. Même si l'on n’est parfois pas loin du mythe.

Quand s'est finie la guerre d'Algérie?

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Une vitrine du CDFA. © NcaL /MP Une vitrine du CDFA. © NcaL /MP

Depuis 2012, la date officielle est le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu. En 2005, Chirac avait préféré instaurer le 5 décembre sans qu'aucun événement justifiât cette date. Au moins avait-elle l'avantage d'intégrer le printemps et l'été 1962,  mois les plus sanglants pour les Européens d'Algérie. Troisième volet de notre série sur les retours du refoulé de l'Algérie française.

Le mythe bien vivant du vote pied-noir

Stèle en hommage aux pieds-noirs inaugurée en 2012 par Christian Estrosi, maire de Nice, sur la promenade des Anglais. © Hélène Staes Stèle en hommage aux pieds-noirs inaugurée en 2012 par Christian Estrosi, maire de Nice, sur la promenade des Anglais. © Hélène Staes

La présence massive de rapatriés d'Algérie est-elle une des causes des succès du Front national sur le littoral méditerranéen ? Si un vote pied-noir marqué par son tropisme pour la droite anti-gaulliste et l'extrême droite a bel et bien existé, il n'est plus aujourd'hui que résiduel, et aura sans doute disparu à la présidentielle de 2022.

Une autre voix rapatriée

L'Association nationale des pieds-noirs progressistes et de leurs amis, qui compte quelque 400 membres, s'est créée en 2008. La culture pied-noire, la conscience politique des Européens d'Algérie, le rôle de l'OAS dans le déchaînement de la haine et l'incurie des actuelles politiques française et algérienne sont abordés dans cet entretien avec Jacques Pradel, le président de l'association.