Une autre voix rapatriée

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L'Association nationale des pieds-noirs progressistes et de leurs amis, qui compte quelque 400 membres, s'est créée en 2008. La culture pied-noire, la conscience politique des Européens d'Algérie, le rôle de l'OAS dans le déchaînement de la haine et l'incurie des actuelles politiques française et algérienne sont abordés dans cet entretien avec Jacques Pradel, le président de l'association.

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La bataille de légitimité à laquelle se livrent différentes associations pieds-noires n'a aucun sens, dès lors qu'elles ne représentent que moins d'un vingtième de la communauté en question. Que pense l'immense majorité des pieds-noirs ? Il est évidemment impossible de le savoir. Quitte à assumer sa subjectivité, Mediapart a choisi, pour conclure cette série sur la mémoire pied-noire de donner la parole à l'une des très rares, si ce n'est la seule, association se revendiquant à la fois de l'histoire des rapatriés d'Algérie et des valeurs anticolonialistes : l'Association nationale des pied-noirs progressistes et de leurs amis (ANPNPA), qui compte quelque 400 membres. Son président, Jacques Pradel, natif de Tiaret dans l'Oranie, évoque volontiers la nostalgie de son pays natal, dans lequel il est souvent retourné. Il a même demandé la nationalité algérienne, que lui refuse toujours l'État algérien. Jacques Pradel ne nie rien des déchirements de la guerre d'Algérie, et tout particulièrement de l'année 1962, qui le vit à deux doigts de s'enrôler dans un maquis de l'OAS. Mais souligne avant tout la nécessité de dépasser ce traumatisme originel pour œuvrer à une réconciliation entre France et Algérie.