Figures de la dissidence soviétique

Au nom du droit et de la liberté de penser, de dire, d’écrire, des femmes et des hommes ont simplement dit non au système soviétique. Retour sur des itinéraires singuliers, qui ont souvent croisé des mobilisations intellectuelles françaises.

André Siniavski, dynamiteur du réalisme socialiste

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Maria Rozanova et André Siniavski à la tribune d'une réunion d'Amnesty, en novembre 1975 à Amsterdam. © Wikimedia commons, Rob Mieremet/Anefo. Maria Rozanova et André Siniavski à la tribune d'une réunion d'Amnesty, en novembre 1975 à Amsterdam. © Wikimedia commons, Rob Mieremet/Anefo.

Ce sont des histoires de résistance. Des femmes et des hommes ont simplement choisi de dire non au système soviétique. Au nom du droit et de la liberté de penser, de dire, d’écrire. En 1966, le procès des écrivains et poètes André Siniavski et Iouli Daniel ouvrait un quart de siècle de combats acharnés. Premier volet de notre série d’été sur les destins de la dissidence.

Tatiana Pliouchtch, un roc face au KGB

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Tatiana Pliouchtch, chez elle à Bessèges (Gard), le 16 juin 2020. © F.Bt/Mediapart Tatiana Pliouchtch, chez elle à Bessèges (Gard), le 16 juin 2020. © F.Bt/Mediapart

Sans elle, son mari, Léonide Pliouchtch, n’aurait sans doute pas survécu à l’hôpital psychiatrique spécial où il est enfermé en 1973. En déployant un activisme incessant et sans compromis, cette intellectuelle ukrainienne a pu, avec un fort soutien international, faire plier le régime. Elle vit aujourd’hui en France.

Les maths, impossible équation pour le Kremlin

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Léonide Pliouchtch à Montereau en janvier 1976. © AFP Léonide Pliouchtch à Montereau en janvier 1976. © AFP

L’enfermement dans un hôpital psychiatrique soviétique de Léonide Pliouchtch donne lieu, à partir de 1974, à une campagne internationale tout à fait inédite, celle du comité des mathématiciens. Lancé en France par Henri Cartan, Laurent Schwartz, Michel Broué et Tania Mathon, au nom de la solidarité des scientifiques, ce comité va l’emporter. Et obliger le Parti communiste français à se dissocier de Moscou.

Vladimir Boukovski et les crimes de la psychiatrie soviétique

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Vladimir Boukovski au début des années 1960. © Centre Sakharov, Moscou Vladimir Boukovski au début des années 1960. © Centre Sakharov, Moscou

Charismatique et suractif, Vladimir Boukovski passe douze années, entre 1963 et 1976, entre hôpitaux psychiatriques, camps et prisons. Il est celui qui va révéler au monde le détail et l’ampleur de la répression psychiatrique en URSS. Ce système méthodiquement construit, jusqu’à l’invention d’une « science » nouvelle, achève de ruiner l’image de l’Union soviétique.

Sergueï Khodorovitch, l’un des derniers prisonniers de Gorbatchev

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Sergueï Khodorovitch, en 2016 à Paris. © (capture d'écran) Sergueï Khodorovitch, en 2016 à Paris. © (capture d'écran)

En 1987, après des années de camp au nord du cercle polaire, Sergueï Khodorovitch fait partie des derniers groupes de détenus politiques libérés par le régime Gorbatchev. Peu connu, il a joué un rôle essentiel en gérant à Moscou le Fonds d’aide aux victimes de la répression créé par Soljenitsyne en 1974.