Réforme du Smic: le retour d’une vieille obsession

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Le groupe d’experts sur le Smic propose de réduire la revalorisation du salaire minimum. Une vieille idée de son président, Gilbert Cette, nommé cet été par le gouvernement. 

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L’opération semble parfaitement huilée. Le gouvernement avait nommé en août dernier les nouveaux membres du groupe d’experts « indépendants » sur le Smic (créé en 2008 par Nicolas Sarkozy), composé d’économistes très défavorables à son système actuel de revalorisation. Il recueille donc logiquement en décembre un rapport qui propose de réformer profondément ce système. Le sujet du salaire minimum ne figurait certes pas au programme de campagne d’Emmanuel Macron, mais il fait désormais une entrée tonitruante – et sans aucun doute calculée – dans le débat. Rien d’étonnant à cela : la remise en cause du fonctionnement du salaire minimum est depuis le milieu des années 1990 une des vieilles marottes de la pensée technocratique « ni gauche, ni droite » française. C’est aussi, dans l'idée des concepteurs, un complément « naturel » des récentes réformes du marché du travail, qui visent à fluidifier l’emploi et à abaisser le coût du travail.