Plan social, grève, éviction d'un syndicaliste: les patrons avaient tout prévu

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La semaine dernière, une centaine de salariés de FCI Microconnections, une usine de Mantes-la-Jolie, avaient séquestré leur patron. En grève depuis six semaines, ils craignaient des licenciements. Le PDG niait. Mediapart s'est procuré une note interne de la direction qui prouve qu'un plan social est prévu pour novembre. Tout y est planifié: la façon dont le plan social sera annoncé et dont la direction affrontera une grève probable, la tactique pour briser le mouvement, et l'éviction finale du délégué syndical CGT.

Mardi 7 avril, direction et syndicats tentent une première médiation pour sortir d'un mois et demi de grève.

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C'est un document effarant, d'une franchise confondante, sans doute parce qu'il devait rester confidentiel. Un document rare, car il dévoile ce qui d'habitude reste secret : la façon dont un groupe industriel planifie l'annonce d'une restructuration. En l'occurrence, la société s'appelle FCI Microconnections. Elle appartient à un groupe industriel de 14.000 salariés, propriété d'un important fonds d'investissement américain, Bain Capital. Quant au document, il s'agit d'une page, d'une simple page, dont la partie droite est semble-t-il manquante. Dessus, un tableau sommaire avec cinq entrées, intitulées «Axes d'amélioration du site», «Axes de travail», «Commentaires», «Solution proposée» et «timing».