Libre-échange: Bruxelles tente de déminer l'accord avec les Etats-Unis

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La commissaire européenne a présenté une version « améliorée » du point le plus controversé des négociations sur un futur accord de libre-échange avec les États-Unis: le mécanisme d'arbitrage entre État et investisseur. Certains y voient une entreprise d'« enfumage ». D'autres, à commencer par Paris, « une première étape » vers un compromis acceptable. Le moment est crucial.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. Des négociations houleuses avec la Grèce aux menaces britanniques d'un « Brexit », en passant par les renoncements sur la « réorientation » de l'Europe, il est difficile de trouver matière à se réjouir, ces jours-ci, à Bruxelles. Dans ce contexte déprimé, les discussions en vue d'un accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis (le TTIP dans le jargon bruxellois), sont en train de prendre un tour politique inattendu. Les rapports de force sont mouvants, des ministres montent au créneau, un débat s'ouvre au sein des institutions, l'issue est incertaine.

La commission de Jean-Claude Juncker, poussée par la société civile et certaines capitales, a consenti à lâcher du lest sur quelques points durs du texte. Ce n'est pas une révolution, loin de là, mais cette attitude tranche avec l'intransigeance des derniers mois. « C'est un première évolution politique [de la part de la commission - ndlr], qui doit maintenant se concrétiser », a déclaré Matthias Fekl, le secrétaire d'État français au commerce extérieur, à l'offensive sur le dossier, avec son homologue allemand.