A Dunkerque, le «cataclysme» Total dévaste les sous-traitants

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Plusieurs raffineries du groupe Total sont bloquées par les salariés. Celle de Dunkerque, qui fermera cette année, employait 380 personnes, mais aussi quelque 400 sous-traitants. C'est tout un maillage de petites entreprises, éparpillées le long du littoral, qui se trouvent au bord de l'asphyxie. Des PME de tuyauterie aux remorqueurs du port maritime.

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Quand il a compris que la raffinerie Total de Dunkerque (Nord) n'en avait plus pour longtemps, il s'est souvenu de ses mésaventures avec le tunnel sous la Manche. Quelque chose d'une sale histoire qui se répète. C'était au milieu des années 2000 et Wilfried Lottilier se faisait remercier par Eurotunnel, alors en sérieuse difficulté financière. A l'époque, il avait rebondi, sans trop se poser de questions, et accepté un emploi de sous-traitant à Dunkerque, pour un autre poids lourd, Total. Mais aujourd'hui... «J'ai cinq ans de plus. Ça joue. Et il y a la crise. De toute façon, il n'y aura plus de place pour tout le monde, c'est sûr», assure-t-il.
Wilfried Lottilier travaille dans le secteur de la maintenance. Il est salarié d'Opteor, l'une de ces dizaines d'entreprises frappées de plein fouet, mais en toute discrétion, par l'arrêt programmé de la raffinerie nordiste. Il a 44 ans, marié, père d'une petite fille. Il habite à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, et craint de devoir, pour éviter la case chômage, accepter des chantiers à l'autre bout de la France.