Trompettes impayées, délais non respectés : comment l'armée ruine une PME

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Assignés au tribunal par leur créancier, deux entrepreneurs lillois réclament aujourd’hui 370 000 euros au ministère de la défense. Leur motif ? La plupart des clarinettes, trompettes ou violons qu’ils livrent depuis quatre ans aux orchestres de l’armée n’ont toujours pas été payés. 

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Mais où est passée la trompette de Bordeaux ? Une matinée de juillet 2012, Pierre Vicogne glisse délicatement trois trompettes à 2 500 euros pièce dans leurs étuis. Puis les emballe dans un colis direction la musique des forces aériennes de Bordeaux. Pierre Vicogne est commerçant à Lille. Sa société « Cuivres et Bois » fournit l'armée française et ses orchestres en instruments de musique. Un mois plus tard, en août 2012, le magasinier de la base aérienne Bordeaux-Mérignac appelle le Lillois furieux : seules deux trompettes figurent dans les trois étuis envoyés. L’armée ne paiera pas l’ensemble du colis.