Scission du Crédit mutuel: la BCE fait tourner Arkéa en bourrique

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La banque Arkéa, qui avait rendez-vous avec la Banque centrale européenne le 13 novembre, espérait obtenir d’elle le verdict final sur son projet de divorce du Crédit mutuel. Espoir déçu : elle va devoir répondre à de nouvelles questions. Le projet d’indépendance apparaît de plus en plus compromis.

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La banque Arkéa, qui avait rendez-vous avec la Banque centrale européenne (BCE) le 13 novembre, espérait obtenir d’elle le verdict final sur son projet de divorce du Crédit mutuel. Après plus d’un an et demi de confrontations, au cours desquelles la banque dirigée par Jean-Pierre Denis a été pressée par la BCE de fournir sans cesse de nouvelles réponses à ses interrogations, elle pensait désormais que son dossier était au moins complet, et que la BCE allait pouvoir se prononcer, même si les dirigeants ne se montraient guère optimistes.

Espoir déçu ! Selon des sources confidentielles de Mediapart, il n’est rien ressorti de cette réunion du 13 novembre, qui devait être décisive. Suivant un rite dans lequel ils excellent, les responsables de la BCE ont préféré jouer l’épuisement plutôt que l’affrontement : contre toute attente, ils ont donc soumis aux dirigeants d’Arkéa de nouvelles questions et demandes.

Le patron de la banque, Jean-Pierre Denis, a beau avoir dit récemment lors de l’instance de direction de la fédération bretonne de l’établissement qu’il ne répondrait plus à de nouvelles sollicitations de la BCE et qu’il considérait son dossier comme complet, il va devoir se faire à l’idée : soit il jette l’éponge, soit il accepte. Dans tous les cas de figure, il se doute que la Banque centrale se prépare un jour ou l’autre à refuser la scission.

Du même coup, la banque Arkéa vit des jours tourmentés. Chaque jour, de nouvelles rumeurs suggèrent que les dirigeants pourraient partir, Jean-Pierre Denis et, surtout, son bras droit, Ronan Le Moal. Mais si l’échec de la scission ne semble plus faire de doutes, ces départs semblent peu probables. « Les deux compères ne vont pas renoncer à la soupe. Elle est tout de même assez bonne », lâche, moqueur, un très bon connaisseur du dossier.

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