Délit d'initiés à EADS: le gendarme boursier lave plus blanc

L'annonce de la décision de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers a été accueillie avec incrédulité: tous les dirigeants et actionnaires d'EADS, sur qui pesaient des soupçons de délit d'initiés, sont mis hors de cause. Cette décision pourrait se révéler être une bombe à fragmentation, déstabilisant l'AMF et EADS.

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Cela se murmurait depuis quelque temps: tous les protagonistes de l'affaire du délit d'initiés d'EADS allaient être blanchis. Trop d'enjeux étaient en cause, trop d'influence politique était à la manœuvre. Par-dessus tout, il y avait le fameux intérêt supérieur de l'Etat: la moindre sanction pouvait bousculer l'équilibre précaire trouvé au sein d'EADS en juillet 2007 et relancer la querelle franco-allemande. Pourtant, malgré tous ces arguments avancés, c'est l'incrédulité qui a saisi les observateurs quand ils ont découvert la décision de la Commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Elle avait osé. Les dix-sept dirigeants d'EADS et les deux actionnaires soupçonnés de délit d'initiés sont mis hors de cause.
«Scandaleux, n'a pu s'empêcher de relever Colette Neuville, présidente de l'association des actionnaires minoritaires. Si dans cette affaire on ne peut caractériser un délit d'initiés, cela signifie qu'il faut revoir les critères de ce délit. Quand il y a un écart aussi grand entre la perception des faits par l'opinion publique et la décision finale, il est inévitable qu'il y ait un grand sentiment de malaise et d'injustice.»
Mais dans cette affaire, les faits ont été passés au second plan. Pendant trois ans, une multitude d'avocats ont travaillé pour vider de son contenu toute l'enquête conduite par l'AMF. Les recherches de l'autorité ont aussi été soigneusement cantonnées. Ainsi, elle ne s'est jamais intéressée à ce qui s'est passé sur les marchés des dérivés sur l'action EADS entre mars et juillet 2006. Pendant cette période, ceux-ci vont pourtant connaître une étrange suractivité. Si le gendarme boursier l'avait voulu, il aurait pu savoir quels noms se cachaient derrière les opérations. Il ne l'a pas fait. Craignait-il des mauvaises surprises ou des résultats dérangeants?
La priorité était d'abord de sortir les deux principaux actionnaires, les deux principaux bénéficiaires dans cette affaire: la vente de 7,5% du capital d'EADS a rapporté à chacun une plus-value de 2 milliards d'euros.
Dans le pré-rapport d'enquête publié par Le Figaro en 2007, ceux-ci sont directement mis en cause: mauvaise information financière, révision du programme A 350 et surtout le point le plus délicat, celui par qui le scandale arrive: parfaite connaissance des retards du A380. Leur responsabilité est pointée à chaque étape.

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