La démonétisation de l'Inde commence à faire des ravages

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Après la disparition des deux principaux billets de banque en circulation dans le pays, début novembre, les destructions d'emploi se multiplient et les salaires dégringolent. Reportage dans la région de Bombay, où la situation ne semble pas partie pour s'améliorer, tandis que la banque centrale va avoir besoin de sept mois au minimum pour fabriquer l'équivalent de l'argent disparu.

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Bombay (Inde), de notre correspondant.– C'est un carrefour bien connu des ouvriers à la petite semaine. Rajawadi Junction, dans le quartier de Ghatkopar, voit arriver chaque matin des centaines d'hommes prêts à tout pour travailler quelques jours sur un chantier de bâtiment. Desservi par la ligne ferroviaire qui irrigue la moitié est de Bombay et par l'unique ligne de métro de la mégapole, qui conduit aux banlieues lointaines du nord-ouest, l'endroit est un peu comme la bourse du travail du secteur du BTP. À l'aube, les patrons viennent y chercher une main-d'œuvre bon marché composée, pour l'essentiel, de paysans ayant quitté leur campagne pour venir plonger les mains dans le ciment et gagner entre 2 000 et 10 000 roupies par semaine (entre 27 et 138 euros), une somme qu'ils envoient directement à leur famille restée au village.