Belgique: le scandale financier provoque une crise politique

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Un gouvernement démissionnaire, un pays en pleine ébullition politique, un monde judiciaire en guerre ouverte contre l'exécutif, des actionnaires minoritaires qui crient à la spoliation: c'est le bilan d'une reprise à la hussarde de la banque Fortis par BNP-Paribas avec l'accord du premier ministre belge, Yves Leterme. En se proposant de sauver la première banque belge mais en imposant ses conditions, la banque française a tout le long de ce parcours manqué d'esprit de finesse. Récit.

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«Attention, on peut se brûler les doigts avec ce dossier», aurait dit un de ses amis à Yves Leterme. L'avertissement n'a pas été entendu. Au terme d'une semaine folle, de mises en accusation directes du président de la Cour de cassation, parlant de pressions de l'exécutif sur le monde judiciaire, le premier ministre belge a été contraint vendredi de présenter sa démission. Le roi Albert II a fait savoir qu'il réservait sa réponse sur la démission du gouvernement. La Belgique se retrouve à nouveau en pleine ébullition politique, droite contre gauche, Flamands contre Wallons, se demandant s'il vaut mieux dans ces temps de crise précipiter des élections générales ou au contraire repartir sur un gouvernement de coalition comme celui d'Yves Leterme.