La microfinance cherche les leçons de la crise des «subprime»

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Des prêts bancaires, accordés aux ménages les plus pauvres, à des taux élevés... Le subprime américain? Non, la microfinance qui, depuis plus de trente ans, se présente comme l'un des remèdes efficaces pour lutter contre la pauvreté. Dans le contexte actuel de marasme économique mondial, le microcrédit devrait permettre d'atténuer les ravages sociaux. A condition que le secteur, et ses 150 millions de clients, tiennent bon: la crise alimentaire et le séisme économique des derniers mois pourraient les avoir fragilisés plus fortement qu'attendu. Enquête. [©Somenath Mukhopadhyay-Cgap 2008]

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C'était avant la crise. Le bon temps. A grand renfort de slogans et de communiqués de presse, les Nations unies célébraient, en 2005, l'année internationale du microcrédit. Quelques mois plus tard, le professeur d'économie bangladais Muhammad Yunus et son organisation, la Grameen Bank, recevaient en 2006 le prix Nobel de la paix, pour avoir inventé la microfinance «moderne». Au fondement de ce double sacre, la même conviction: une révolution économique sans précédent était en cours. La microfinance se répandrait comme une potion magique et sortirait de la pauvreté les 80% des familles des pays en développement toujours exclues des services bancaires. Le monde pouvait dormir tranquille, il avait enfin trouvé la bonne réponse à la question de la pauvreté.