Après une brève accalmie, la crise européenne reprend

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L'euphorie qui a gagné les marchés et les responsables politiques depuis un mois ne va pas tarder à se dissiper. Contrairement aux annonces, la crise de la zone euro est loin d'être réglée. La Grèce est dans une impasse. Et le Portugal emprunte le même chemin qu'Athènes.

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Les effets euphorisants des remèdes dispensés par la Banque centrale européenne sont en train de se dissiper. Pendant près d'un mois, les dirigeants et les banquiers ont vécu, apaisés par la médecine imaginée par Mario Draghi, le nouveau président de la BCE : les 500 milliards d'euros prêtés aux banques au taux de 1 % pour trois ans ont permis de faire tomber la fièvre. Les Etats ont pu réaliser les premières émissions obligataires de l'année sans trop de difficulté : les banques ont accepté de souscrire aux nouveaux emprunts, à condition que les durées de prêt soient très courtes. Les taux des principaux pays de la zone euro ont baissé, l'euro est remonté, les marchés boursiers se sont envolés. Même la perte du triple A de la France et de l'Autriche et la dégradation des pays du sud de l'Europe par Standard & Poor's n'ont pas eu les conséquences redoutées : la France comme l'Italie empruntent à des taux moins élevés après qu'avant la dégradation.

Bref, tout ou presque s'est déroulé comme l'avait espéré Mario Draghi. Même si les banques continuent de déposer chaque soir auprès de la BCE pratiquement autant d'argent qu'elles lui en ont emprunté, preuve que rien n'est redevenu normal sur le marché interbancaire, les dirigeants européens veulent y croire. Ils ont envie de parler de la crise au passé.

A Davos, là où le gotha politique et financier se retrouve pour son séjour annuel à la neige, Mario Draghi et les responsables européens n'ont cessé de se féliciter de la nouvelle atmosphère qui s'est installée en Europe depuis deux mois. Tous ont multiplié les propos lénifiants, face à un auditoire demandeur de bonnes nouvelles, sur la situation de la zone euro. Ils n'ont cessé d'insister sur les vertus de la politique d'austérité imposée à l'ensemble du continent. Cela ne pouvait finir que par marcher, même si cela demande du temps.

Pourtant, les signes de nouvelles tensions s'accumulent à nouveau à une vitesse vertigineuse. D'abord, il y a la Grèce, encore et toujours. Quatre mois après l'accord européen entérinant la restructuration de la dette grecque, les modalités de l'effacement consenti ne sont toujours pas arrêtées. Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, assure qu'un accord devrait être trouvé pendant ce week-end. A peine avait-il fait cette annonce que le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, est venu doucher l'émissaire européen. Alors que la Commission européenne souhaite une nouvelle aide de 10 à 15 milliards d'euros, l'Allemagne s'oppose à tout financement supplémentaire de la Grèce par les Etats européens. La France s'est rapidement alignée sur cette position.

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