Rémunérations: un décret mort-né

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A peine publié, le décret sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises aidées est mort-né. «Il est loin d'épuiser le sujet», constate Alain Juppé, qui se prononce en faveur d'un «dispositif plus global et plus pérenne» pour encadrer les rémunérations. Le gouvernement refuse, cependant, toute législation et toute mesure coercitive en la matière, jugeant le dossier anecdotique. La rémunération des dirigeants des entreprises est pourtant au cœur de la doctrine néo-libérale et des ruptures sociales. D'ailleurs, le premier ministre britannique s'apprête à demander au G-20 une réglementation mondiale sur la rémunération des banquiers.

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A peine publié, le décret sur les rémunérations des dirigeants adopté par le gouvernement est mort-né. Le texte, en tout cas, n'atteint pas le but politique que le gouvernement s'était fixé. Annoncé avec force mise en scène depuis cinq jours, il devait être un moyen de couper court aux polémiques lancinantes sur les rémunérations des patrons, parachutes dorés et autres stock-options. En moins de vingt-quatre heures, ce décret apparaît comme un chiffon de papier.
Certes, tous avaient été prévenus: il n'était pas question «d'entrer dans un autre modèle économique», comme l'avait signifié François Fillon en défendant la voie réglementaire plutôt législative. Mais même les plus fidèles supporters du gouvernement n'ont pu s'empêcher de masquer leur gêne: tout cela pour ça!