Ligne TGV Tours-Bordeaux: une rente perpétuelle pour le groupe privé Vinci

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La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux était inscrite dans le plan de relance du gouvernement. En contrepartie du financement de la moitié du projet, un groupement privé réuni autour de Vinci obtient sa concession pendant cinquante ans! Il faut remonter au Second Empire et aux développements du chemin de fer pour retrouver pareille situation, remettant en cause le monopole public sur le réseau ferroviaire. Analyse.

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On avait oublié le plan de relance. Annoncé en fanfare à l'hiver 2008, ce vaste programme de 20 milliards d'euros censé redynamiser l'économie française semblait ne plus faire partie des priorités gouvernementales. Quant à Patrick Devedjian, ministre chargé de son exécution, il a pratiquement disparu. Mardi, bonne nouvelle, le plan de relance a resurgi, avec l'annonce du lancement de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux (cliquer sur l'image pour afficher le tracé au format pdf).
Est-il pertinent, à un moment où les choix gouvernementaux sont de plus en plus contraints, de mobiliser des financements pour construire une nouvelle ligne à grande vitesse reliant Paris à Bordeaux en 2 heures et 5 minutes plutôt que rénover le réseau existant de plus en plus vétuste, comme le pointait la Cour des comptes dans un de ses rapports? La question n'a même pas été débattue. Elle avait déjà été tranchée par avance par le président de la République.