«Charlie Hebdo»: la vérité des faits contre la folie des opinions

L'affaire Charlie Hebdo semble devenue la dispute majeure du moment. Au grand bénéfice de la droite, la gauche s'y bat contre elle-même, une partie de l'ex-gauche plurielle pourchassant un "antisémitisme de gauche" sous les masques divers de l'antisionisme et de l'anticapitalisme. Mediapart, il y a deux semaines, avait tenté d'apporter un peu de raison dans cette confusion, faits et rappels à l'appui, en montrant combien le procès fait à Siné était disproportionné. Ce fut peine perdue et, depuis, de tribunes excessives en réquisitoires expéditifs, les mots servent à exécuter plutôt qu'à expliquer. C'est pourquoi nous avons choisi de revenir longuement sur les arguments des détracteurs de Siné, en les confrontant aux vérités factuelles de ce dossier.

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C’est la folie de l’été, et cela ne présage rien de bon. De tribunes en points de vue, de pétitions en excommunications, de réquisitoires en plaidoyers, l’affaire Charlie Hebdo semble devenue la discorde majeure du moment. Il y a deux semaines, Mediapart avait tenté de sauver un peu de rationalité pour, à la fois, rendre intelligible cette histoire, la remettre à sa juste place et enrayer le déchaînement des passions. L’article s’intitulait L’affaire «Charlie Hebdo» ou la caricature de l’époque et, depuis, c’est peu dire que de constater combien la réalité a dépassé nos craintes. Le licenciement du dessinateur et chroniqueur Siné par Philippe Val, directeur de l’hebdomadaire, au motif d’une phrase publiée sur la soif de réussite de Jean Sarkozy, appuyée par l’évocation de son éventuelle conversion au judaïsme pour épouser sa fiancée, héritière des fondateurs de la chaîne Darty, a désormais échappé à ses premiers protagonistes – l’équipe de Charlie Hebdo. C’est devenue l’Affaire du moment, très parisienne et fort violente, devant laquelle chacun est sommé de choisir son camp, sans qu’on lui donne les moyens de s’informer avant de se prononcer.

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