Procès du Carlton : les écoutes fantômes du témoin « secret défense »

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L'ex-patron de la brigade criminelle de Lille a reconnu avoir réalisé des écoutes administratives bien avant le début officiel de l'affaire dite du Carlton. Ces écoutes ont été détruites. De quoi relancer la théorie d'un complot fomenté dès 2010 contre DSK pour l'empêcher d'accéder à l'Élysée. L'ancien commissaire se borne au silence: «secret défense».

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De notre envoyée spéciale, à Lille. Trois pages. Trois pages perdues au milieu d’un épais ouvrage qui en compte plus de 450. Trois pages annotées, “stabilotées”, couvertes d’encre rouge. Maître Olivier Bluche s’y est abîmé les yeux des dizaines de fois. Pour lui, elles constituent la preuve que l’enquête préliminaire ouverte le 2 février 2011, celle qui a conduit son client, le commissaire Jean-Christophe Lagarde, à être renvoyé en correctionnelle pour « proxénétisme aggravé » et « recel d'abus de biens sociaux », n’a été qu’une étape. L’étape judiciaire et officielle d’un dossier tentaculaire qui occupait la police depuis plusieurs mois déjà, pour des raisons qu'il juge obscures.