Nicolas Hulot veut sortir la France des énergies fossiles

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Fin de la vente des voitures thermiques en 2040, convergence des fiscalités diesel et essence en 2022, disparition des passoires énergétiques dans dix ans, cessation de l'utilisation du charbon, gaz et pétrole dans trente ans : le plan climat présenté par Nicolas Hulot ambitionne de « désinhiber beaucoup de gens ». Mais les obstacles à la transition énergétique restent.

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La présentation du plan climat devait durer vingt minutes. Au final, Nicolas Hulot en déroule pendant plus d’une heure vingt les détails, jeudi 6 juillet. Dans le cadre solennel de l’hôtel de Roquelaure, devant les principaux dirigeants des administrations de son ministère, il se compare à un funambule, inquiet de « basculer à chaque instant » : « Énormément de choix ne sont pas immédiatement compréhensibles si on n’a pas de vision à long terme. » Entre d’un côté l’impact croissant des dérèglements du climat sur l’écosystème mondial, appelant une régulation et des contraintes fortes, et de l’autre la volonté affichée du gouvernement de retrouver un « esprit de conquête » et d’attirer les banques et le monde de la finance en France, il avance dans un couloir extrême étroit. Quelle est la véritable marge de manœuvre de cet écologiste convaincu dans un exécutif si silencieux par ailleurs sur les enjeux de la transition écologique ? La question plane au-dessus des épaules du ministre et de ses équipes, très économes de leurs paroles depuis leur entrée en fonction. « Le sujet du changement climatique est particulièrement complexe », déclare d’emblée Hulot, manifestement à l’aise sur l’estrade de la salle de la conférence de presse, trop exiguë pour accueillir tous les curieux. « L’issue du combat n’est pas immédiate, en positif ou en négatif. La menace est diffuse, aléatoire et son échéance pas déterminée scientifiquement. »