Caisses d'épargne: ses étranges contrats et commissions en Arabie saoudite

Par

Deux filiales des Caisses d'épargne ont consenti en 2008 des financements controversés à la société Gulf Leaders, propriété d'un proche du prince Nayef ben AbdelAziz, ministre de l'intérieur d'Arabie saoudite et demi-frère du roi Abdallah. Le premier financement, portant sur la construction d'un hôpital à Damman, a donné lieu à une commission de 4,5 millions de dollars. Selon un rapport de la banque, il pourrait s'agir «purement etsimplement (...) d'une escroquerie». Le second financement, de 45 millions de dollars, a été consenti pour l'achat d'un jet Falcon 900 EX, dont le prix, ordinairement, est d'environ 32 millions de dollars! Deux commissions auraient été versées, dont une de 2,2 millions de dollars. La nouvelle direction de la banque n'a pas saisi la justice, mais un tribunal privé d'arbitres.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Mais que faisaient donc les dirigeants des Caisses d'épargne dans la journée puis dans la soirée du mardi 14 octobre 2008 ? Question, en apparence, absurde : ils étaient évidemment sur le pont. Car, depuis quelques jours, la banque était entrée dans la pire tempête de son histoire. A peine une semaine plus tôt, le mardi 7 octobre 2008, le ciel lui était tombé sur la tête. Elle avait appris ce jour-là qu'à cause d'une spéculation à hauts risques d'un trader de la salle de marché, pour le compte propre de la banque, des millions d'euros, peut-être même des centaines de millions – on ne savait pas encore combien au juste – étaient partis en fumée.