Déchéance: la droite aux quatre cents coups

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Le débat sur la déchéance de nationalité déstabilise la gauche mais brouille aussi les cartes à droite. Tandis que l’Élysée cherche une issue de secours, l’opposition hésite entre le frein et l’accélérateur. Nicolas Sarkozy vient ainsi de se résigner à voter la réforme constitutionnelle, tout en posant des conditions susceptibles de la faire capoter.

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Il ne pouvait pas dire non. Après avoir réclamé lui-même la déchéance de nationalité pour les Français binationaux, l’ancien président ne pouvait pas changer d’avis dans le seul but de s’opposer. Donc il a dit « oui » à la réforme constitutionnelle voulue par son successeur, mais avec des conditions qui pourraient conduire au « non » : que la déchéance ne vise pas seulement les auteurs de crimes, mais également les auteurs de délits (ce qui est contraire aux avis du Conseil d’État) ; que la déchéance prenne effet dès le début de la peine et pas à son issue ; que s’agissant de l’état d’urgence, toutes les personnes fichées S portent un bracelet électronique ; que soit pénalisée la consultation régulière des sites terroristes ; que la future loi soit présentée en même temps que la réforme constitutionnelle, et que la date de son examen soit fixée dans la foulée, etc.