A Paris, la préfecture interdit une manifestation de l'extrême droite radicale

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Une manifestation rituelle de l'extrême droite radicale, la nuit du 9 mai, à Paris, sera interdite cette année par la préfecture de police. Cette mesure rarissime a été prise suite à la demande expresse du maire Bertrand Delanoë. L'an dernier des hooligans du PSG s'étaient joints aux néo-nazis.

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Chaque nuit du 9 mai, depuis 1994, quelques centaines de jeunes « nationalistes » défilent dans les rues de Paris. Avec tout le folklore de l'extrême droite musclée, son cortège de drapeaux noirs et de manches de pioche, ses torches et ses chants martiaux. Le rituel est assez inquiétant, si l'on en croit les images diffusées par cette mouvance. Le défilé veut commémorer la mort de l'un de ces radicaux, Sébastien Deyzieu, tombé d'un immeuble alors qu'il était poursuivi par la police.
Mais, cette année, le maire de Paris a demandé l'interdiction du rassemblement. « Le 8 mai, nous allons célébrer la victoire des démocraties sur la barbarie nazie, a écrit Bertrand Delanoë au préfet de police de Paris. Il m'apparaît déplacé que, au lendemain de cette journée nationale, soit autorisé un rassemblement qui, sous couvert d'honorer la mémoire d'un homme, est en réalité une manifestation faisant l'apologie du fascisme », a argumenté le maire, dans sa lettre du 6 mai.
De son côté, la préfecture de police nous a précisé avoir eu préalablement l'intention d'interdire la manifestation. Une mesure rare, de telles interdictions se comptant chaque année sur les doigts des deux mains. De fait, l'arrêté d'interdiction devait être pris dans la journée du 7 mai, les organisateurs du rassemblement ayant refusé de revoir l'itinéraire de leur défilé. Du côté policier, on se souvenait avec inquiétude de la commémoration de l'année précédente et de ses manches de pioche.