Les femmes âgées, victimes oubliées des féminicides

Par

Les femmes de plus de 70 ans représentent la deuxième tranche d’âge la plus touchée par ces meurtres. Mais rares sont les procès pour ces actes encore souvent qualifiés, à tort, de « suicide altruiste ».

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Skype est devenu gris. La lumière qui montre si on est connecté est devenue grise. Alors que la lumière était toujours verte chez ma maman, toujours. » L’été commence à peine en cette fin juin 2019 et Nadia, qui vit aux États-Unis, s’inquiète. Sa mère, Chantal, ne répond plus à ses appels. Certes, les deux femmes se sont parlé la veille, mais, d’ordinaire, elles discutent tous les jours. « Moi aussi, j’avais eu maman le samedi. Mais le dimanche, pas de nouvelles. Le lundi, pas de nouvelles », raconte Amina, la sœur de Nadia. À l’époque, elle vit en France, en région parisienne. Comme sa sœur aux États-Unis, elle a pour habitude quotidienne de papoter avec sa mère. « C’est comme ça qu’on vivait. »