En Corse, les «natios» ont gagné la bataille culturelle, pas encore la bataille politique

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Victoire à la municipale de Bastia en 2014, première force politique aux territoriales de 2015, trois députés sur quatre aux législatives de 2017, majorité absolue aux territoriales de 2017… les nationalistes corses ont enchaîné les succès. Mais le plus dur reste à faire : gérer une île abîmée par des années de clanisme, et convaincre Paris de lâcher du lest sur l'autonomie. 

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Ajaccio, Bastia, Corte (Corse), envoyé spécial.– « Aux élections cantonales de 1970, je me suis présenté dans un canton de montagne, mon frère aîné, Max, s’est présenté lui aussi, dans un autre canton. J’ai fait une voix, mon frère deux. » Au fond du café Pigale, à Ajaccio, Edmond Simeoni, 83 ans, reprend tout depuis le début. Père du mouvement autonomiste corse, et père de l’actuel président de l’exécutif, Gilles Simeoni, le gastro-entérologue porte un élégant costume, une casquette légèrement de travers, et vous fixe de ses yeux bleu clair pour s’assurer que vous suiviez bien le déroulé de sa vie, qui est aussi le déroulé du mouvement nationaliste.