La Corse à la recherche de son autonomie

En quelques années, les nationalistes corses sont devenus majoritaires dans les urnes. À la tête de l’exécutif insulaire, mais aussi à l’Assemblée nationale, ils défendent un projet d’autonomie peine et entière, dont Emmanuel Macron ne veut pas entendre parler.

En Corse, les «natios» ont gagné la bataille culturelle, pas encore la bataille politique

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Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre, à Bastia © Reuters Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre, à Bastia © Reuters

Victoire à la municipale de Bastia en 2014, première force politique aux territoriales de 2015, trois députés sur quatre aux législatives de 2017, majorité absolue aux territoriales de 2017… les nationalistes corses ont enchaîné les succès. Mais le plus dur reste à faire : gérer une île abîmée par des années de clanisme, et convaincre Paris de lâcher du lest sur l'autonomie. 

Macron s’attire les foudres des nationalistes corses

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Discours d’Emmanuel Macron au centre culturel Alb’Oru (Bastia), le 7 février. © Reuters Discours d’Emmanuel Macron au centre culturel Alb’Oru (Bastia), le 7 février. © Reuters

La visite du président en Corse a laissé un goût amer aux dirigeants nationalistes qui ont jugé son discours « très en deçà des attentes et des enjeux ». Emmanuel Macron a fermé la porte à la quasi-totalité de leurs revendications. Pendant deux jours, il s’est surtout attelé à montrer qui était le chef.

Macron ne saisit pas le moment corse, les nationalistes ne saisissent pas Macron

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Le président de la République ne s’est pas hissé à la hauteur du fait politique que représente la victoire des nationalistes. Lesquels n’ont toujours pas soldé la part sombre de leur héritage. Résultat : chacun campe sur ses positions, pour ne pas dire ses postures.

En Corse, Macron se heurte à la question des prisonniers

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Emmanuel Macron et Stéphanie Colonna. © Reuters Emmanuel Macron et Stéphanie Colonna. © Reuters

Au premier jour de sa visite dans l'île, Emmanuel Macron a profité de l’hommage rendu au préfet Érignac pour fermer d’emblée la porte à l’une des revendications des dirigeants nationalistes : l’amnistie des prisonniers. Un peu plus tard, il a été interpellé dans la rue par la femme d’Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du haut fonctionnaire.

A Ajaccio, les nationalistes font le plein avant la visite de Macron

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Dans le cortège des nationalistes corses © CG Dans le cortège des nationalistes corses © CG

Près de 8 000 personnes ont défilé samedi à Ajaccio à trois jours de la visite dans l’île du chef de l’État. Une façon pour les autonomistes et nationalistes, au pouvoir après avoir remporté les élections territoriales haut la main en décembre, d’« exprimer leur mobilisation et leur détermination » à obtenir des avancées de Paris.

Constitution: les Corses pris en étau entre Macron et le Parlement

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 © Reuters © Reuters

La colère des dirigeants nationalistes de Corse exprimée à l’issue de leur rencontre avec Gérard Larcher, mardi 23 janvier, révèle le rapport de force que tente d’instaurer le président du Sénat avec l’exécutif.

L’hommage au préfet Erignac se dresse entre Macron et les nationalistes corses

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Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni au soir de leur victoire, le 10 décembre. © Twitter/@Gilles_Simeoni Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni au soir de leur victoire, le 10 décembre. © Twitter/@Gilles_Simeoni

Emmanuel Macron est annoncé en Corse, le 6 février, pour assister aux cérémonies marquant le vingtième anniversaire de l’assassinat du préfet Érignac. Un premier voyage officiel sur l'île qui revêt une dimension hautement politique après la victoire des nationalistes, conduits par Gilles Simeoni, aux territoriales.

Corse: ce que signifie la victoire des nationalistes

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 © Mediapart © Mediapart

La coalition nationaliste Pè a Corsica a remporté dimanche les élections territoriales en Corse alors que l’île de Beauté va se doter dès l’année prochaine d’une collectivité territoriale unique. Entretien avec son chef de file, Jean-Guy Talamoni.

Les nationalistes, rois de Corse

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Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre, à Bastia © Reuters Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre, à Bastia © Reuters

Sans surprise, le duo nationaliste Simeoni-Talamoni remporte les élections territoriales en Corse alors que l’île de Beauté va se doter dès l’année prochaine d’une collectivité territoriale unique, fusionnant la région et les deux départements. 

En Corse, le scrutin régional attise la défiance contre Paris

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Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. © Facebook/Gilles Simeoni Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. © Facebook/Gilles Simeoni

Deux ans après leur victoire aux régionales, les nationalistes corses sont donnés favoris des élections territoriales des 3 et 10 décembre, qui désigneront les conseillers de la toute nouvelle collectivité territoriale unique. Mais pour Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de l’île, « le gouvernement pèse de tout son poids pour que nous perdions ».

La France insoumise refuse toujours l’alliance avec le PCF en Corse

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L’approche des élections territoriales en Corse ne calme pas les dissensions entre Insoumis de l’île et direction parisienne du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti communiste, lui, veut se positionner en rassembleur.

La famille corse qui murmure à l’oreille de Macron

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Macron se rend en Corse ce vendredi. Sur l'île, un de ses amis et soutiens, Pierre Ferracci, PDG du groupe Alpha, a bâti deux grandes villas avec piscine jugées illégales. Il comparaîtra devant la cour d’appel de Bastia le 24 mai.

En Corse, le député Rocca Serra est visé par une enquête judiciaire

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La justice soupçonne le député LR sortant, candidat à sa réélection dans la 2e circonscription de Corse-du-Sud, d’avoir sous-évalué d’au moins un million d’euros sa déclaration de patrimoine. Une enquête préliminaire est ouverte.

Le député Paul Giacobbi est condamné à trois ans de prison ferme pour avoir détourné des subventions

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L’ancien président du conseil départemental de Haute-Corse avait organisé, entre 2007 et 2010, le détournement d'un demi-million d'euros de subventions du département destinées à la création de gîtes ruraux dans les villages de l’intérieur de l’île, des gîtes qui n'ont jamais vu le jour.

Corse: les colossaux impayés de Paul Giacobbi

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Le nouveau patron de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, accuse son prédécesseur d’avoir laissé derrière lui 100 millions d’euros d’impayés. Le député PRG impute cette polémique à la « mauvaise foi » des nationalistes.

En Corse, l’«identité heureuse» de Juppé à l'épreuve des tensions identitaires

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Dans les rues d’Ajaccio, le 5 octobre. © ES Dans les rues d’Ajaccio, le 5 octobre. © ES

En déplacement en Corse, Alain Juppé pensait avoir trouvé de quoi promouvoir son concept d'« identité heureuse ». Ce faisant, le maire de Bordeaux a choisi de fermer les yeux sur les tensions identitaires qui secouent l’île.

Le système du «président» Giacobbi s’écroule au tribunal de Bastia

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Paul Giacobbi. © Reuters Paul Giacobbi. © Reuters

L’ancien président du conseil général de Haute-Corse est jugé pour avoir mis en place un système de détournement de subventions publiques. Trois ans de prison ferme ont été requis contre lui dans cette affaire politico-financière plombée par deux assassinats.

En Corse, colères et fantasmes rendent la situation explosive

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La petite crique de Sisco. © (ES) La petite crique de Sisco. © (ES)

Au lendemain des affrontements du 13 août à Sisco, dans le Cap Corse, des slogans racistes et xénophobes ont été scandés dans un quartier populaire de Bastia, comme en décembre à Ajaccio. Après l’attentat de Nice, la situation sur l’île est des plus tendues. Les responsables nationalistes tentent de calmer les esprits, mais voient la situation leur échapper un peu plus chaque jour.

La Corse connaît une «opération mains propres» inédite

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Nicolas Bessone, le procureur de Bastia. © Flickr Nicolas Bessone, le procureur de Bastia. © Flickr

Un sénateur et un député de Haute-Corse mis en examen pour atteintes à la probité, un sénateur de Corse-du-Sud cité à comparaître… Dans les cabinets des juges et du procureur de Bastia, de plus en plus d'élus se retrouvent mis en cause dans des affaires de corruption politico-financières.

La Corse cherche une réponse aux manifestations racistes d'Ajaccio

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Abdel-Mounim el-Khalfioui, le responsable de la salle de prières vandalisée. © ES Abdel-Mounim el-Khalfioui, le responsable de la salle de prières vandalisée. © ES

Les « ratonnades » survenues fin décembre à Ajaccio ont laissé des traces. Dans le quartier des Jardins de l'Empereur, beaucoup songent à quitter l'île après un tel déferlement de haine. À peine élus à la présidence de l'Assemblée territoriale, les nationalistes doivent donner des gages et se distinguer de groupes ultras. Retour sur trois jours de folie collective et ce qu'il en reste : des peurs et beaucoup de questions.

«La Corse n’est pas isolée des débats qui agitent le continent»

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Une salle de prière musulmane saccagée, des réseaux sociaux saturés de #SalesCorses, une extrême droite qui applaudit et un mouvement nationaliste pointé du doigt… Marie Peretti-Ndiaye, docteure en sociologie et auteure du Racisme en Corse, revient sur les tensions identitaires qui secouent l'île.

A Ajaccio, des manifestations virent à l'«expédition punitive» contre des musulmans

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Un rassemblement d'environ 600 personnes, en soutien à deux pompiers et un policier agressés la veille, a dégénéré à Ajaccio (Corse-du-Sud), vendredi 25 décembre. Plusieurs individus ont attaqué une salle de prière musulmane et tenté de brûler des exemplaires du Coran. Samedi, un nouveau rassemblement, débuté dans le calme, a tourné à l’émeute. Après la victoire des nationalistes aux territoriales, la France semble redécouvrir les blessures identitaires de son île.

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