L’enquête sur la mort d’un jeune homme en cellule de dégrisement relancée

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Allan Lambin est mort le 9 février 2019 dans une cellule du commissariat de Saint-Malo après une interpellation décrite comme violente par les témoins. Son avocate vient d’obtenir de la juge d’instruction qu’elle ordonne de nouvelles expertises.

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L’avocate de la famille d’Allan Lambin a annoncé, samedi 8 février, avoir obtenu de la justice qu’elle ordonne de nouvelles expertises qui pourraient permettre de faire la lumière sur la mort du jeune homme il y a un an dans une cellule de dégrisement du commissariat de Saint-Malo.

« La juge a ordonné un certain nombre d’expertises complémentaires pour élucider la cause du décès et la chambre de l’instruction a fait comprendre qu’elle n’était pas nécessairement opposée à la contre-expertise légale, a annoncé à Ouest-France Me Hélène Laudic-Baron qui a été entendue lundi 3 février par la chambre de l’instruction. La présidente a notamment concédé lors de l’audience qu’on n’avait aucun élément médical pour déterminer ce qui était à l’origine du malaise ayant entraîné la chute d’Allan puis sa mort. »

Dans un reportage publié dimanche 9 février, l’Obs revient longuement sur les événements ayant conduit à la mort d’Allan Lambin à l’âge de 19 ans dans la soirée du 9 février 2019. Ce jour-là, le jeune avait eu un léger accident de voiture en rentrant d’un tournoi de billard, et après avoir bu quelques verres avec quelques amis et son père, Franck Lambin.

Des policiers, décrits par les témoins comme des « cow-boys », « agressifs » et « arrogants », interpellent le jeune homme et le maintiennent à terre. Un des témoins « voit un agent écraser le torse d’Allan avec son genou », écrit l’Obs.

Le jeune homme, ainsi que son père, a ensuite été emmené au commissariat de Saint-Malo et placé en cellule de dégrisement. À 22 h 40, un médecin examine Allan. À 0 h 30, environ deux heures après leur arrivée, il revient pour examiner son père et constate que son fils gît inanimé dans sa cellule.

Les proches d’Allan dénoncent de nombreuses incohérences dans ce dossier qui, au mois d’octobre, a été dépaysé à Rennes. Me Hélène Laudic-Baron espère notamment que la contre-expertise permettra de déterminer les causes exactes de la mort. « Le rapport d’autopsie indique une hémorragie au niveau du thorax et une mort par asphyxie. Allan aurait fait un malaise dans sa cellule. Tombé à genoux, il n’aurait pas eu le réflexe de relever la tête et se serait étouffé », a-t-elle indiqué à Ouest-France.

L’avocate espère également faire la lumière sur l’absence apparente de surveillance d’Allan durant ses deux heures de détention. « La fiche de surveillance de garde à vue indique qu’Allan était allongé sur sa banquette entre 22 h 40 et 0 h 30, alors que le rapport de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) décrivant la vidéosurveillance de sa cellule indique qu’il gît au sol depuis 22 h40, à la suite de son malaise. »

L’Obs précise que les images de la vidéosurveillance, pour l’instant entre les mains de l’IGPN, devraient être bientôt versées au dossier. Me Hélène Laudic-Baron a d’ores et déjà déposé plainte pour faux et usage de faux.

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