La Corse cherche une réponse aux manifestations racistes d'Ajaccio

Par

Les « ratonnades » survenues fin décembre à Ajaccio ont laissé des traces. Dans le quartier des Jardins de l'Empereur, beaucoup songent à quitter l'île après un tel déferlement de haine. À peine élus à la présidence de l'Assemblée territoriale, les nationalistes doivent donner des gages et se distinguer de groupes ultras. Retour sur trois jours de folie collective et ce qu'il en reste : des peurs et beaucoup de questions.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyée spéciale à Ajaccio (Corse-du-Sud).– Ida n’arrive toujours pas à réaliser. Ce lundi 4 janvier au matin, jour de rentrée des classes, elle s’est attardée plus longtemps que d’habitude devant les grilles du groupe scolaire des Jardins de l’Empereur, où elle vient de déposer son fils de 6 ans. Elle discute avec une autre mère d’élève. Ensemble, elles parlent des cauchemars de leurs enfants, de la crainte des plus grands de retourner à l’école, des questions auxquelles elles peinent à trouver des réponses. « Mon garçon n’arrête pas de me demander pourquoi les messieurs sont venus à la maison pour nous dire de rentrer chez nous, souffle-t-elle, en se mordant les lèvres. Il m’interroge : “Mais Maman, c’est ici chez nous, non ? On va aller où ?” »