Ménages, PME: le gouvernement cherche à préserver la confiance

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Le gouvernement français cherche à atténuer l'impact des conséquences inévitables de la crise financière et boursière. Avec un soin particulier pour les PME. Pour l'instant, la digue tient. Mais les mauvaises nouvelles s'accumulent et la communauté internationale n'arrive toujours pas à coordonner une réponse globale et crédible.
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Une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne: Nicolas Sarkozy fait de la politique. Vendredi 10 octobre, il a cru devoir réunir son G7 – les sept ministres qui composent sa garde rapprochée – tandis qu'à Washington les ministres des finances du G7, le vrai, tentaient d'éteindre l'incendie qui fait griller les cours de bourse partout dans le monde. Le chef de l'Etat a liquidé la proposition que le président UMP de l'Assemblée nationale avait émise le matin même dans Les Echos. Bernard Accoyer pensait intelligent de lever un emprunt d'Etat notamment grâce à la souscription des Français ayant cherché à échapper au fisc et suggérait donc explicitement le vote d'une amnistie fiscale. La foudre élyséenne est tombée: «Il n'en est pas question.»

Le Président sait que la crise financière va se transformer en crise économique dans les jours qui viennent, avec son lot de désagréments et de chômage, et il n'a pas envie de laisser se développer une polémique type bouclier fiscal. Enfonçant au passage l'actuel locataire du perchoir avec cet argument de bon sens à destination du grand public : «Un emprunt n'a pas de sens puisque l'Etat n'a pas de problème de liquidité.» On veut le croire.

 

La mauvaise: Nicolas Sarkozy fait de la politique. On l'a vu, à midi, recevoir à déjeuner José Luis Zapatero et répondre prudemment à la demande formulée par l'Espagne d'une réunion rapide de l'euro-groupe. «Je dois prendre quelques contacts avant de donner une réponse définitive», a confié Nicolas Sarkozy, favorable à cette initiative mais toutefois convaincu de marcher sur des œufs.

 

Samedi dernier, le président français s'était mis à dos nombre de pays en rassemblant en toute hâte à Paris les quatre pays européens membres du G7, ignorant les 23 autres..., et il s'était fâché avec l'Allemagne sur la constitution d'un fonds européen. Bref, il se sent seul. Silvio Berlusconi soutient l'initiative et propose une nouvelle réunion de tous ceux que l'euro rassemble, dimanche 12 octobre, à Paris. Mais les autres se taisent. Nicolas Sarkozy réussira-t-il à calmer l'ire des partenaires européens excédés des agissements intempestifs de la présidence française?

 

Au G7 des argentiers, vendredi, Christine Lagarde s'est dit persuadée de la nécessité d'une coordination au-delà du G7. A quoi peut servir une réunion des pays du vieux continent sans les pays qui ont gardé leurs monnaies? D'ailleurs, la réunion ce samedi à 20 en est la démonstration. Nicolas Sarkozy est donc à la manoeuvre mais la résolution des problèmes posés au monde le dépasse, dépasse sa fonction de président de l'Europe.

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