L’industrie du tabac manœuvre pour tracer les cigarettes

Du 8 au 10 octobre, s’est tenue à Genève la première réunion du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac. Le texte exige des États la mise en place d’un système de traçabilité indépendant des industriels, accusés par le passé d’alimenter la contrebande. Mais en coulisses, les cigarettiers manœuvrent pour jouer un rôle, allant jusqu’à recruter d’anciens policiers français.

Mathieu Martinière (We report)

11 octobre 2018 à 19h12

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Genève (Suisse), envoyé spécial.– Il pensait avoir fait le plus dur. Obtenir un badge presse pour la première réunion du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac (MOP1). Puis passer les portiques de sécurité du siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève. Et finalement, s’infiltrer parmi un panel restreint de journalistes accrédités. Mais lundi 8 octobre, à l’ouverture des débats sur le Protocole, il a finalement été démasqué par le service de communication de la Convention-cadre antitabac de l’OMS. « Nous avons quelqu’un qui s’est montré sous un faux jour, en se faisant passer pour un journaliste », a déclaré un porte-parole à Mediapart, présent à Genève. « Il avait un badge presse, comme vous, mais nous n’avions pas accrédité cette personne. » Selon nos informations, une enquête interne est en cours. En off, l’un des organisateurs de l’événement nous assure que ce faux journaliste était en fait « lié à l’industrie du tabac ».

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