Invité la semaine passée de l’émission de Serge Moati “PolitiqueS”, sur LCP, j’ai répété, juste après une interview de nos amis Alexandre et Délia Romanès du cirque tsigane du même nom, ce que je ne cesse de défendre depuis trente ans, depuis qu’à partir de 1983, le Front national est passé de groupuscule idéologique à hypothèque électorale. À savoir qu’on ne lutte pas contre les passions xénophobes et sécuritaires qu’agite l’extrême droite en épousant le même agenda qu’elle, mais, tout au contraire, en leur opposant un imaginaire supérieur et mobilisateur, créant une dynamique électorale et un rapport de forces politiques autour d’idéaux renouvelés, ceux-là mêmes qu’énonce mais n’accomplit pas notre République : de liberté véritable, d’égalité nouvelle, de fraternité retrouvée. J’ai donc dit que, si l’adversaire était bien l’extrême droite, le danger était ceux qui, à droite comme à gauche, lui cèdent du terrain.