Notre-Dame… des survivants et survivantes de la pédocriminalité

Par Paul B. Preciado

Si la violence sexuelle est une pratique systémique de l’institution ecclésiastique, il ne suffit pas de demander pardon et de payer. Il est nécessaire d’exiger un processus de destitution de l’Église.

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La publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) sur les centaines de milliers de crimes sexuels commis dans et par l’Église française depuis 1950 produit l’effet d’une déflagration. Le rapport est une « bombe », dit la presse à l’unanimité. Cependant, la spécificité de cette guerre est que ceux qui se battent sont les plus fragiles et ne le font qu’avec leurs voix. Leurs seules armes sont en même temps leurs blessures : leur mémoire, leurs affects, leurs corps. Il n’y a jamais eu une telle guerre. Nous vivons une rupture épistémique et somato-politique [expression forgée par Paul B. Preciado pour désigner la révolte des corps contre le capitalisme patriarcal – ndlr] sans précédent.