Le cardinal Barbarin nie avoir couvert des actes de pédophilie

Lors d'une conférence de presse organisée ce mardi en marge d'une réunion des évêques de France à Lourdes, le cardinal Philippe Barbarin s'est défendu mardi d'avoir couvert des actes de pédophilie commis par des prêtres sous son autorité.

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Le cardinal Philippe Barbarin s'est défendu mardi d'avoir couvert des actes de pédophilie commis par des prêtres sous son autorité, tout en reconnaissant que l'Église catholique devait s'interroger sur les procédures à l'œuvre en pareil cas. « Jamais, jamais, jamais je n'ai couvert le moindre acte de pédophilie », a déclaré l'archevêque de Lyon lors d'une conférence de presse organisée en marge d'une réunion des évêques de France, à Lourdes.

Le scandale de pédophilie en question, qui a conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire pour « non-dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d'autrui » à Lyon, a soulevé une vague d'émotion, y compris hors de l'Église.

Interrogé mardi matin sur RMC, le premier ministre, Manuel Valls, a dit attendre de la « clarté » et « des actes » de la part des autorités ecclésiastiques. Le chef du gouvernement a également exhorté le cardinal à prendre « ses responsabilités ». « Il faut qu'il entende aussi cette douleur », a-t-il encore déclaré.

Lors de sa conférence de presse, Philippe Barbarin a répondu qu'il prenait bien ses responsabilités. « Ça fait 17 ans que je suis évêque. Deux fois, j'ai eu une dénonciation d'actes (...) et immédiatement j'ai suspendu le prêtre », s'est-il justifié.

La principale affaire qui ébranle le diocèse de Lyon a démarré avec une enquête visant le père Bernard Preynat, aujourd'hui âgé de 70 ans, accusé de pédophilie sur des scouts et mis en examen en janvier dernier. Les faits dénoncés par un groupe de scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon remontent aux années 1970 à 1990, mais seuls les plus récents, commis à partir de 1986 et qui échappent à la prescription, ont été retenus par la justice.

« Que faire avec tous ces faits anciens ? Et c'est là peut-être que nous avons à dire que, même pour des faits anciens, une prescription juridique du droit français, du point de vue pastoral, ne vaut pas », a dit le primat des Gaules. « Nous voyons bien (...) qu'il y a quelque chose à revoir et à reprendre en profondeur et, à mon avis, avec des conseillers externes », a-t-il également estimé.

Le Figaro a publié dans son édition de mardi le témoignage d'une victime présumée, qui dit avoir été victime d'attouchements commis par un autre prêtre au début des années 1990 et accuse le cardinal Barbarin de n'avoir pris aucune mesure pour éloigner son agresseur des enfants.

(Reuters)

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