A Montpellier, Mandroux tente d'en finir avec Frêche

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Alors qu'un sondage donne la liste d'Hélène Mandroux à 6% seulement au premier tour des régionales en Languedoc-Roussillon (contre 31% à Georges Frêche), la candidate officielle du PS a tenu son premier meeting de campagne, mardi 16 février, à Montpellier. Son slogan: «Retrouvons nos valeurs». Epaulée par Arnaud Montebourg, au nom de la rénovation du PS, elle a prévenu: «Notre parti comme cette région ont besoin de faire voler en éclats les systèmes de clientélisme qui les étouffent!» Reportage.
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«Retrouvons nos valeurs»: mardi 16 février, Hélène Mandroux, tête de liste socialiste en Languedoc-Roussillon, a tenu son premier meeting régional avec ces trois mots affichés en lettres géantes. Si, officiellement, «l'ennemi c'est la droite», le choix du slogan révèle l'objectif réel de la campagne: en finir avec le «frêchisme», pour entamer la rénovation du PS local.
«Comment (le Languedoc-Roussillon) pourrait-il rester englué dans un système occulte de cooptation?, a lancé la maire de Montpellier, à la tribune. Notre parti comme cette région ont besoin de faire voler en éclats les systèmes de clientélisme qui les étouffent!» Sa liste de 77 noms avait été bouclée la veille in extremis, sans que les colistiers de Georges Frêche (à quelques exceptions près) aient pu être «récupérés», imperméables aux menaces d'exclusion (énoncées lundi par Claude Bartolone, lieutenant de Martine Aubry).
Mercredi matin, la tâche d'Hélène Mandroux s'annonçait toutefois périlleuse: d'après un sondage OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI, réalisé du 12 au 15 février (auprès d'un échantillon de 1007 personnes), la candidate socialiste n'obtiendrait que 6% des voix le 14 mars prochain, échouant à franchir la barre des 10% qui autorisent le maintien au second tour. Elle serait distancée par Georges Frêche (31%), le candidat de l'UMP Raymond Couderc (22%), mais aussi par ceux d'Europe-Ecologie (12%), du Front de gauche-NPA (11%) et du FN (7%)... Pour Solférino, c'est la douche froide, puisqu'un précédent sondage OpinionWay, effectué du 2 au 4 février, l'avait initialement placée autour de 11%.
Mardi soir, en tout cas, plus de 300 militants, venus des cinq départements du Languedoc-Roussillon, ont applaudi son «canevas» de programme: participation de la région à la restauration des quartiers les plus défavorisés (jugés négligés), création de «taxis maritimes» dans les ports, objectif de gratuité des transports collectifs pour les 16-25 ans le week-end... Hélène Mandroux a dressé un bilan sans concession de la mandature «Frêche»: «Ici, un actif sur 8 est privé d'emploi, le record de France!, a-t-elle pointé. Le PIB par habitant est le plus bas de toutes les régions.» «Est-ce à cause de la cruauté de tels chiffres, qui n'ont pas bougé depuis six ans, que (Georges Frêche) fait preuve d'un curieux silence sur la politique de (Nicolas Sarkozy)?, a questionné la maire de Montpellier, rappelant le soutien de son concurrent à la suppression de la taxe professionnelle comme à la réforme des collectivités territoriales. Et de brandir cette citation «choc» de «l'empereur de Septimanie»: «Sarkozy et moi nous ressemblons comme deux gouttes d'eau!»
Venu en renfort de Paris, Arnaud Montebourg, le secrétaire national du PS à la rénovation, a d'ailleurs appuyé la comparaison: «Sarkozy, nous le combattons sur tous les fronts, comme nous combattons ses imitations!», a-t-il lâché. Le député de Saône-et-Loire, partisan de la première heure d'une alternative locale à Georges Frêche, apportait le soutien officiel de la direction du PS (qui avait investi Hélène Mandroux le 2 février après moult tergiversations, à cause d'une «phrase de trop» sur «la tronche pas catholique» de Laurent Fabius). Anticipant les critiques du baron Frêche sur son «parisianisme», Arnaud Montebourg, «né dans le Morvan», parlant «le patois morvandiau», s'est présenté comme «l'envoyé du parti socialiste de toute la France»:


Pour lui, la rénovation globale du PS doit passer par Montpellier: «Comment accepter que des paroles malheureuses viennent piétiner ce que nous construisons dans notre parti?, a-t-il interrogé. Lorsqu'on accepte trop de compromissions, tout finit par s'effondrer.» Ultra-optimiste, il a juré avoir senti ici «un vent révolutionnaire, propre à déboulonner quelques statues...». A la sortie, André Vezinhet, l'un des rares parlementaires «anti-Frêche» du Languedoc-Roussillon, président du conseil général de l'Hérault, s'échinait aussi à relativiser les sondages, «qui peuvent tellement se tromper!». Et les militants d'assurer: «Sur les marchés, d'anciens adhérents nous disent qu'ils sont prêts à revenir»...

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