«Gilets jaunes»: un mouvement qui s’écrit en vidéos

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André Gunthert, chercheur en histoire visuelle, revient sur les vidéos des affrontements entre gilets jaunes et forces de police, vidéos devenues symboliques de la crise médiatique et de la prise du pouvoir sur le récit par les gilets jaunes, mais aussi par l’ensemble des internautes. 

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« “Gilets jaunes” et médias, deux mondes qui se regardent sans se comprendre », titrait Mediapart il y a quelques jours. Le divorce est bien consommé entre le mouvement social et les médias, coupables de s’être, pour beaucoup, calés « sur la position du pouvoir », et balayés par la volonté de désintermédiation des gilets jaunes. Et il est même plus large, estime André Gunthert, enseignant-chercheur en histoire culturelle et études visuelles à l’EHESS : « Ce ne sont pas seulement les gilets jaunes qui ont eu un problème d’information, c’est l’ensemble du public qui s’est trouvé face à une désinformation. » Un déficit d’information qui explique le succès des vidéos, amateurs ou venues de nouveaux médias présents uniquement sur le Web, vidéos qui offrent « une illusion irrépressible de réalité ». Entourées d'intenses discussions, les vidéos créent « une perception participative, collective », capable de reconstruire le fil des événements comme de démonter les rumeurs. Pour un résultat « jamais vu ». Entretien.