Notre-Dame: six mois après l’incendie, les coulisses d’un scandale sanitaire caché

Selon le dernier bilan présenté le 14 octobre par l’Agence régionale de santé (ARS) et la préfecture de Région, douze enfants sont contaminés au plomb et soixante-dix-huit sont sous surveillance médicale. Ces résultats alarmants sont la conséquence d’une absence de prise en compte de l’ampleur de la pollution au plomb, voire des tentatives par les autorités d’en dissimuler la réalité. Nous revenons en vidéo et en accès libre sur nos cinq mois d’enquêtes et sur les tromperies des principaux acteurs du dossier. 

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Pascale Pascariello et Antoine Schirer

17 octobre 2019 à 19h59

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Le dernier bilan présenté, le 14 octobre, par l’Agence régionale de santé (ARS) et la préfecture de Région sur la situation de la pollution autour de Notre-Dame fait état de douze enfants intoxiqués au plomb et de soixante-dix-huit autres sous surveillance médicale. Contrairement à ce qu’annonce l’ARS, qui se veut très rassurante, ce bilan est alarmant. 

Le pourcentage des enfants âgés de moins de six ans et contaminés est supérieur à une moyenne nationale définie dans une étude, datant de 2009. 

Les dépistages effectués par les parents des enfants résidant et scolarisés autour de l’édifice n’ont pas été rendus obligatoires par l’ARS à l’ensemble des familles et par ailleurs, la majorité d’entre eux ont été faits tardivement, en août et septembre. On ne connaît donc pas l’étendue de cette crise sanitaire.

Les poussières de plomb peuvent chez les enfants engendrer des lésions neurologiques, et chez les adultes, des problèmes de stérilité, voire des cancers. 

Ces conséquences potentiellement dramatiques pour la santé des riverains et des ouvriers du chantier auraient pu néanmoins être évitées. 

Nos révélations établissent que : 

  1. L’Agence régionale de santé a, le 6 mai, décidé de ne pas rendre publics les résultats des prélèvements faisant état d’une pollution, très élevée, au plomb sur le chantier et autour de Notre-Dame. 
  2. Le ministère de la culture a refusé un plan de confinement et de dépollution du chantier, seule solution viable pour préserver ouvriers et riverains du risque de contamination.
  3. Le ministère de la culture, encore, a enterré toutes les alertes de l’inspection du travail. 
  4. La mairie de Paris, quant à elle, n’a procédé au nettoyage des crèches et écoles maternelles que seulement à la fin de l’été, alors qu’elle disposait déjà, depuis le mois de mai, des rapports attestant de pollutions au plomb dans ces établissements. 

Mediapart propose de revenir sur ces dissimulations avec des enregistrements inédits, l’interview d’un spécialiste de sécurité, témoin de cette dissimulation, et le témoignage de la scientifique Annie Thébaud-Mony.


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