DSK, l'insondable complot

Mercredi, les médias ont repris en boucle le résultat d'un sondage CSA, estimant que 57% des Français croient DSK victime d'un complot. Mais cette question n'enfreint-elle pas la loi sur la présomption d'innocence, qui interdit les enquêtes d'opinion sur «la culpabilité»?

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Dès mardi, plusieurs chaînes de télé ont remballé leurs images de DSK menotté. Elles contreviennent en effet à la loi Guigou sur la présomption d'innocence, qui interdit de montrer un homme «entravé» alors qu'il attend son jugement. Ce texte comporte cependant un autre alinéa, tombé celui-ci dans l'oubli, qui prohibe la diffusion de sondages «portant sur la culpabilité», monnaie courante aux Etats-Unis. Or, depuis mercredi matin, nombre de médias reprennent en boucle une enquête réalisée par l'institut CSA, avec la question suivante: «Pensez-vous que Dominique Strauss-Kahn est victime d'un complot?» 57% des 1007 personnes interrogées ayant répondu «Oui», le journal 20 minutes, l'un des commanditaires, titre ainsi: «Selon notre sondage, une majorité de Français pensent que c'est DSK la victime». S'ils le pensent victime, c'est a priori qu'ils le croient non coupable. Mais ce sondage est-il seulement légal?